Attenuation et adaptation de l’agriculture face au changement climatique

Contexte et justification

Avec une superficie de 56 600 Km² et une population estimée à 6 191 155 habitants en 2010, le Togo est un pays sous développé dont le secteur primaire occupe le premier rang sur le plan économique et ceci en employant 66% de la population active et en contribuant à plus de 55% du PIB national. La région des savanes (8 688 Km², 15% de la superficie du pays et 13,4% de la population totale), est la région la plus septentrionale du Togo. Avec son climat soudano- sahélien et son paysage de savane arbustive, la région des savanes est essentiellement une région de plaines et de bas plateaux. Selon les résultats publiés de la QUIBB (Question des Indicateurs de Base de Bien-être) 2011, environ 71,6% de la population active de la région des savanes travaille dans l’agriculture.

Cependant, la médiocrité des sols (reliefs accidentés aux versants tapissés d’éboulis, sols ferrugineux lessivés fortement marqués par l’érosion), les anomalies climatiques accentuées ces deux dernières décennies (saisons sèche trop longue et pluviométrie capricieuse et irrégulière) sont des difficultés permanentes que connaissent les populations de la région des savanes sur le plan agricole. Selon les résultats de l’enquête QUIBB 2011 , « aujourd’hui plus de 80,0% des ménages ont vu leurs productions agricoles baissées suite à la dégradation des sols qui aurait affectée 94,9% des terres agricoles, à la sécheresse ou l’irrégularité des pluies (94,2%), à l’inondation (91,3%), aux prix élevés des intrants agricoles (87,3%) et au taux élevé de maladies de culture (86,8%). La destruction des cultures par les animaux en transhumance (92,6%) fait également partie des chocs qui ont affecté les productions agricoles ». A ces difficultés, s’ajoute la corrélation évidente pauvreté démographie ; en effet, la région des Savanes est celle où la taille des ménages est la plus élevée (6,8 individus en moyenne, QUIBB 2011). La région des Savanes est la région la plus pauvre du Togo avec une incidence de pauvreté estimée à 90,5% et surtout la plus vulnérable face aux changements climatiques. Cette pauvreté se ressent essentiellement sur le plan alimentaire où selon les chiffres avancés en 2011 par l’enquête QUIBB, 75,6% des ménages sont insatisfaits sur le plan des besoins alimentaires dépassant ainsi la moyenne nationale. Selon les communautés rurales et urbaines, « le taux de chômage est plus que le triple en milieu urbain 9,7% qu’en milieu rural 2,8% » (QUIBB 2011). Il faut préciser que malgré l’ampleur générale des problèmes sus mentionnés, les femmes sont au premier rang des couches les plus vulnérables. « Au niveau national, 10,7% des femmes (épouses ou chefs de ménage) ont affirmé avoir été menacées par leur mari ou partenaire (Tableau 8.11 en annexe); 7,9% ont déclaré avoir été frappées à coup de poing ou avec quelque chose pouvant les blesser, 7,7% ont déclaré avoir été bousculées, secouées ou victimes d’un jet d’objet. La proportion de femmes ayant déclaré avoir été forcée pour des rapports sexuels est de 4,2% » (Source : QUIBB 2011). Cette vulnérabilité est ressentie aussi sur le plan social où les femmes ont difficilement accès aux terres et demeurent les plus durement touchées par le chômage car ce dernier touche 9,0% des femmes contre seulement 4,3 des hommes. Malgré quelques difficultés qu’elles rencontrent en vue d’accéder aux terres cultivables, elles sont obligées de mettre la récolte au service de leurs foyers conjugaux pendant que leurs maris font de gros chiffres d’affaires en vendant leurs produits ; un sexisme de plus en plus croissant. Sur le plan domestique, les femmes des milieux ruraux parcourent des distances de plus en plus longues pour chercher de l’eau ou du bois de chauffe. En 2012, 84,6% de foyers utilisaient le bois de chauffe comme source d’énergie dans la région.

En dépit du fait que le gouvernement ai fait de la question de l’agriculture et des changements climatiques une priorité des priorités depuis 2007 et malgré la multiplication des programmes et projets (PANA,PNIASA,PADAT ,ADAPT…) de développement pour pallier aux sempiternelles difficultés rencontrées par les populations de la région des savanes, beaucoup d’effort restent encore à faire en vue d’atténuer les effets néfastes liés aux changements climatiques et de permettre à ces populations de s’adapter durablement car la survie et le développement de la région en dépendent. Au regard des rapports des études menées dans la région des Savanes par divers organismes, la volonté de s’adapter aux changements climatiques existe chez les populations mais ce sont les moyens d’atténuation et d’adaptation déployés qui sont insuffisants. Par ailleurs, l’inégale répartition des droits, des ressources et du pouvoir de même que des normes et des règles culturelles répressives limitent la capacité d’action de nombreuses personnes sur le changement climatique. Ceci est particulièrement vrai pour les femmes. L’aspect genre reste donc un facteur indéniable dans l’étude de la vulnérabilité au changement climatique. Les observations et les analyses faites sur le terrain prouvent qu’un renforcement des rôles et des droits des femmes au sein des affaires des familles et des communautés rurales de la région des savanes devrait aboutir à des décisions qui vont améliorer la capacité d’adaptation et faciliter la prise des mesures d’adaptation et d’atténuation face au phénomène du changement climatique.

Partant de ce diagnostic, l’ONG Dynamique des Volontaires Sociaux (DYVOSO) s’est engagée, à travers l’élaboration de ce projet, à œuvrer à l’adaptation aux conséquences des changements climatiques et à leur atténuation. La réalisation de ce projet passera par la mise en place de toute une série d’actions visant à renforcer la solidarité entre toutes les couches sociales de la population de la région des savanes. La stratégie de ce projet repose sur des actions devant contribuer à l’allégement de la pauvreté et à la réduction de la vulnérabilité des populations de la région des savanes face au phénomène du changement climatique. En termes opérationnels, c’est un projet à plusieurs dimensions dont les activités prioritaires s’articulent autour de 3 points focaux à savoir :

  1. Le ralentissement du processus de savanisation prononcé par la préservation des ressources naturelles ;
  2. La promotion de l’usage des énergies renouvelables notamment l’énergie solaire ;
  3. La promotion de l’entreprenariat en milieu rural en général et de l’initiative privée en milieu féminin.

Les raisons expliquant le choix d’une telle région pour notre projet sont nombreuses parmi lesquelles on peut retenir:

  • • Meilleure connaissance de la région corollaire de notre implantation permanente
  • • La forte vulnérabilité des populations de la région des savanes aux changements climatiques et à la pauvreté ;
  • • Pertinence d’un projet similaire ;
  • • Insuffisance des moyens d’atténuation et d’adaptation mis en place jusqu’à présent ;
  • • La situation alarmante dans laquelle se trouvent les femmes rurales.

Pour permettre la réussite de notre projet, des recherches ont été effectuées pour obtenir le maximum d’informations par le biais des consultations bibliographiques, consultation des documents sur la vulnérabilité des populations de la région des savanes face aux changements climatiques et les mesures d’atténuation et d’adaptation prises par les différents acteurs de développement jusqu’à présent ; Tout ceci en vue de concrétiser toutes les actions planifiées . Outre les renseignements et données statistiques disponibles sur la région des savanes, des enquêtes ont été entreprises auprès des communautés rurales et des groupes sociaux les plus vulnérables et ceci par les experts de notre antenne locale.

Objectif general:

Amener les communautés rurales et urbaines de la région des savanes à mieux s’adapter aux changements climatiques et les accompagner dans la mise en œuvre des mesures d’atténuation.

Objectifs specifiques
  • - Réduire la vulnérabilité des populations de la région des savanes aux changements climatiques ;
  • - Promouvoir les énergies biogaz et solaire auprès des populations locales ;
  • - Instaurer l’équité genre en faisant des femmes des actrices au centre des solutions durables pour réduire la pauvreté ;
  • - Ralentir le phénomène de savanisation et de dégradation des terres.
Résultats attendus
  • • La vulnérabilité des populations de la région des savanes face aux changements climatiques est réduite à 65% ;
  • • L’usage des énergies biogaz et solaires fait dorénavant partie du quotidien des populations locales ;
  • • Les femmes participent activement et massivement dans les prises de décisions relatives au développement local durable ;
  • • Le phénomène de la dégradation des sols est ralenti à 70% dans la région des savanes.